Compte-rendu de vos élu-es FSU

A l’ordre du jour : point de situation sur le coronavirus covid-19

M le recteur est excusé.

M Martin (son représentant) demande s’il y a des déclarations liminaires.

M Laugier secrétaire du CHSCTA lit la liminaire de la FSU. Lire ci-dessous

M Martin y répond en confirmant que le travail en visio est conjoncturel. Il se félicite du travail des personnels qui met le pays en tête du point de vue de la continuité pédagogique (à la même hauteur que le Japon). Il n’est pas d’accord sur le fait que le gouvernement ait eu des injonctions contradictoires car :

– le calendrier des vacances scolaires est conservé. Les élèves et les enseignants seront en vacances avec la possibilité de donner des devoirs comme toujours.

– les vacances apprenantes sont utiles pour diminuer les écarts provoqués par la fracture numérique. Il faut aider ces élèves à raccrocher.

Après le gel hydro alcoolique, les masques vont être mis à disposition des établissements qui reçoivent les élèves. 36000 masques sont en cours de déploiement sur l’académie de Nice. Les gants ne sont pas mis à disposition car selon le médecin de rectorat ils augmentent les risques de diffusion. Celle là même qui nous expliquait le 19 mars que les masques étaient inutiles.

Les gestes barrières sont primordiaux. Le seuil d’accueil a été descendu à 5 enfants en maternelle. Les DASEN travaillent à ce que les communes mettent en place les personnels nécessaires à l’accueil des élèves sur le temps scolaire car ce n’est pas partout le cas.

Les inspecteurs ont eu à intervenir pour modérer le travail des enseignants qui se sont épuisés dès la première semaine, ils leur ont demandé de prendre plus de distance.

Pour ce qui est de l’accompagnement des personnels dans ce contexte difficile, deux lignes ont été mises à disposition : la première dont le numéro a été donné aux personnels encadrant afin de mettre en relation tout personnel ayant besoin d’un accompagnement psychologique (ce sont 3 psychologues qui sont au bout de la ligne). La seconde est ouverte à tous les personnels, c’est la ligne vers le service des ressources humaines, où tout le service social est équipé et mobilisé pour répondre aux difficultés rencontrées par les agents (sociales, financières…). Peu de sollicitation à ce jour.

La FSU est intervenue sur plusieurs points :

Elle demande que les pressions cessent à tous niveaux.

Dans le 1er degré sur le projet d’école, elle réclame que l’échéance soit levée et que le calendrier soit revu pour septembre quand les équipes pourront à nouveau se voir. Accord du recteur en CTA donc la communication va être faite en direction des 2 DASEN.

Dans le second degré, c’est plus une pression des chefs d’établissement sur le volontariat et sur la position administrative des enseignants. Il ne faut pas que cela se reproduise !

Sur les vacances apprenantes, l’administration refuse de revenir sur le sujet qui selon lui ne relève pas du CHSCT car il n’est pas en présence d’expert sur ce sujet pour pouvoir nous répondre. Pour autant la FSU redit que ce n’est pas sur ce temps que le décrochage se joue ! La fracture numérique existe et nous en avons la preuve tous les jours. Les vacances doivent être des vacances pour tous 

La FSU demande que tous les surcoûts du télétravail soient pris en charge et qu’une réflexion sur les dotations en matériels informatiques pour les personnels de l’Education Nationale soit menée.

M Martin termine en nous donnant les seuls chiffres en sa possession à savoir le nombre d’élèves pris en charge et le nombre d’enseignants mobilisés sur le temps scolaire (dans le 06 : 675 enfants pour 274 enseignants, dans le 83 : 492 enfants pour 221 enseignants).

Rien sur le nombre de malades malgré nos interrogations.


Déclaration liminaire de la FSU

Monsieur le recteur,
La FSU souhaite rappeler son attachement aux instances en présentiel, mais pour permettre la tenue d’une instance indispensable en une telle crise sanitaire, la FSU se plie à l’exercice de la visio-conférence. Elle exige que cette modalité ne soit utilisée que dans ces conditions exceptionnelles de confinement.
Tout d’abord, la FSU souhaite remercier tous les agent·e·s de l’éducation nationale qui, tous, font preuve d’une formidable conscience professionnelle, de professionnalisme, d’énergie et de courage pour assurer la continuité, éducative et administrative, de notre service public d’éducation. Effectivement, avec cette crise sanitaire, tout est inédit et la faculté d’adaptation de chacune et chacun est remarquable.
Pourtant, les critiques pleuvent. La FSU souhaite que soit porté à la connaissance de notre ministre de l’éducation nationale son agacement. Son agacement face à ses injonctions souvent contradictoires avec les annonces du
premier ministre, du président de la république ou même ses propres propos. Entre autres, vendredi 27 mars, les enseignants étaient félicités pour leur travail et le besoin de vacances scolaires pour tous (agent·e·s et élèves) était mis en avant. Pourtant le mardi 31 mars, monsieur le ministre se contredit et annonce l’opération « vacances apprenantes », ceci sans aucune concertation avec les organisations syndicales. Son agacement face à ses effets d’annonces : « on est prêt » mais enfin prêt à quoi sans aucun matériel informatique professionnel !
Nos nouvelles modalités de travail sont de nouvelles sources de risques professionnels. Les remontées que la FSU a effectuées montrent des sources plus particulièrement en matière de risques psychosociaux : l’isolement au travail, le travail empêché (les manques de formations, les défauts de matériels, des manques divers ou défauts des outils institutionnels, la surcharge de travail, les injonctions contradictoires et les pressions diverses de la hiérarchie ou
d’usagers), la perméabilité entre les sphères professionnelle et personnelle, les déplacements inutiles et anxiogènes…, mais aussi de risques de troubles musculo squelettique par des postures non adaptées au travail sur écran : le télétravail, la fatigue oculaire, les maux de dos…
Il ne faut pas oublier que certains agent·e·s se retrouvent aussi à gérer « l’école à la maison » de leurs enfants, ce qui implique des plages de travail pour eux complètement ubuesques, le partage des outils informatiques et la difficulté de travail dans une ambiance aucunement favorable…
La FSU s’inquiète pour les personnels qui en cette période hors norme de confinement ont besoin d’aide psychologique.
La FSU s’inquiète aussi pour les agent·e·s volontaires, qui courageusement et sans aucune protection autre que les gestes barrières (et encore faut-il pouvoir les avoirs ces gestes barrières) se trouvent face à des usagers. Comment faire pour que des élèves soient à une   distance effective de 1m de leurs camarades et de leurs enseignants volontaires et particulièrement en maternelle ?
Avec les personnels soignants placés en première ligne et toutes celles et ceux qui répondent aux besoins de première nécessité, des personnels de l’éducation nationale se sont engagés à faire face à la crise sanitaire liée à l’épidémie. Pour la FSU, ces personnels doivent être munis d’une protection plus effective : des masques, la garantie d’un nettoyage à chaque rotation d’agent·e·s, un point d’eau et du savon liquide pour se laver les mains régulièrement… c’est un minimum pour garantir la santé des agent·e·s et des enfants !
L’état ne peut pas envoyer en mission de service public des agent·e·s sans les équiper des protections adéquates.
La FSU s’inquiète aussi pour les personnels les plus précaires qui subissent des pressions accrues. Elle s’inquiète aussi pour les personnels contractuels, dont ceux des GRETA. Quelles sont les garanties de maintien de traitement et de reconduction de leur contrat ?
La FSU s’inquiète également des injonctions et des dysfonctionnements qui conduisent certains agent·e·s à utiliser des mesures alternatives contraires aux consignes RGPD. 
La FSU demande que vous vous assuriez que la continuité des activités ne concerne que les seules fonctions vitales, à l’exclusion de toutes les autres, afin de ne pas exposer inutilement des agent·e·s, dont la présence ne serait pas strictement indispensable, aux risques liés à une rupture du confinement
La FSU demande que vous vous assuriez que le cadre réglementaire du télétravail (n° 2012- 347, décret n° 2016-151, arrêté du 3 novembre 2017) soit respecté. Elle souhaite connaitre les modalités qui vont être mises en place pour que les agent·e·s puissent demander le remboursement des frais engendrés par le télétravail.
La communication ministérielle laissant croire à la poursuite de l’activité scolaire comme si on était encore en établissement, à l’école ou dans les services, manifeste au mieux une ignorance de la réalité, au pire un déni des difficultés rencontrées par les agent·e·s qui n’ont pas besoin d’être culpabilisés mais soutenus. Aujourd’hui, nul ne peut prévoir l’évolution de la situation. 
Pour la FSU, il est impératif de tirer un premier bilan : l’institution ne doit pas laisser ses agent·e·s pris de court ni ne doit pas confier aux hiérarchies locales le soin de prendre des décisions qui ne sont pas toujours en adéquation avec les besoins sanitaires ni la réalité sociale de nombreuses familles ce qui participent à renforcer le sentiment d’angoisse ou de découragement des personnels.
Plus que jamais, la confiance, la bienveillance et la protection doivent être garanties à l’ensemble des personnels de l’éducation nationale.
La FSU se félicite d’avoir déjà obtenu la suppression du jour de carence.
La FSU demande que tout agent qui contracte le COVID-19 soit reconnu en accident du  travail.
La FSU exige que le gouvernement arrête de nous mentir sur la situation.
La FSU souhaite obtenir un bilan complet de la situation dans notre académie en toute transparence.
La FSU apporte tout son soutien à toutes les familles affectées par cette pandémie