La coalition féministe et enfantiste de l’aire toulonnaise a appelé à se rassembler ici à Toulon, comme partout en France, ce samedi 4 juillet pour une loi-cadre intégrale contre les violences sexistes et sexuelles.

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Qui sommes-nous ?

Des citoyennes et des citoyens,

De nombreuses organisations à ce jour :

AFL Transition, Amnesty International, ATTAC 83, Collectif Droits des Femmes et

LGBTQIA+, Collectif des Fiertés Toulon, Collectif enfantiste 83, FSU Var, Génération.S, LDH Toulon Métropole, LFI 83, Les Ecologistes varois, Le Partit Occitan du pays toulonnais, Mouvement de la Paix La Seyne, PCF Var, PS Var, Place Publique Var, Planning Familial Varois, Solidaires 83, UCL, UD CGT Var.

Pourquoi ?

Nous sommes déterminé·es à en finir enfin avec les violences sexistes et sexuelles faites aux femmes, aux enfants et aux minorités de genre.

Nous sommes là en soutien à toutes les victimes, enfants comme adultes, à celles qui ont survécu, et en hommage à celles qui ne sont plus parmi nous.

Depuis début juin, un mouvement sans précédent traverse notre pays, place Vendôme à Paris, devant les tribunaux et les préfectures, pour qu’enfin de véritables transformations aient lieu. Face à l’accumulation des affaires de violences sexistes et sexuelles qui touchent les enfants et les femmes, les citoyennes et les citoyens demandent des actes en urgence. L’émotion suscitée par l’affaire Lyhanna est immense. Elle est légitime. Elle dit quelque chose de profond : notre société ne supporte plus que les violences sexistes et sexuelles faites aux enfants soient minimisées, invisibilisées ou traitées comme de simples faits

divers. Mais cette émotion ouvre également une bataille politique. Une bataille sur les causes des violences, sur les réponses à apporter et sur le projet de société que nous voulons construire.

Aujourd’hui l’extrême droite tente de se présenter comme la protectrice des enfants victimes de violences sexistes et sexuelles. Cette posture est une imposture.

On ne peut pas combattre réellement la pédocriminalité sans combattre les systèmes de domination qui la rendent possible. On ne peut pas lutter contre l’inceste sans interroger les rapports de pouvoir qui traversent la famille, les institutions, les relations entre adultes et enfants, entre hommes et femmes.

On ne peut pas penser la pédocriminalité sans penser le patriarcat.

Les travaux de la CIIVISE, commission Indépendante sur l’inceste et les violences sexistes et sexuelles faites aux enfants, ont confirmé ce que les associations féministes, les

associations de protection de l’enfance et de nombreuses chercheuses dénoncent depuis des décennies : les violences sexuelles contre les enfants sont majoritairement commises dans le cercle familial ou par des personnes de confiance. (CIIVISE, rapport final 2023).

Cette réalité dérange profondément les réactionnaires et les conservateurs car elle détruit leur récit politique.

La menace principale ne vient pas d’un ennemi extérieur fantasmé. Elle se trouve d’abord au sein même des structures sociales que l’extrême droite et la droite conservatrice prétendent défendre : la famille patriarcale lorsqu’elle devient un espace d’impunité, l’autorité incontestée des adultes sur les enfants, le silence imposé aux victimes, la préservation de l’ordre familial au détriment de la vérité. L’extrême droite et la droite conservatrice réclament davantage de répression : perpétuité réelle, castration chimique, parfois même le retour à la peine de mort.

Cette obsession punitive permet d’éviter les questions essentielles :

  • Pourquoi la parole des enfants continue-t-elle d’être ignorée ?

  • Pourquoi les signalements ne sont-ils pas suivis d’effets ?

  • Pourquoi les services publics de protection de l’enfance sont-ils à ce point fragilisés ?

  • Pourquoi les associations manquent-elles de moyens ?

  • Pourquoi les victimes doivent-elles encore attendre des années avant d’être entendues ?

  • Pourquoi les violences sexistes et sexuelles touchent-elles massivement les femmes et les enfants ?

  • Pourquoi les rapports de domination masculine demeurent-ils aussi puissants ?

L’extrême droite et la droite conservatrice ne répondent pas à ces questions parce qu’elles refusent de remettre en cause les structures sociales qui produisent ces violences.

Les mobilisations féministes ne demandent ni des condamnations automatiques, ni une justice rendue sous la pression de la rue. Elles demandent que l’Etat de droit protège effectivement les femmes et les enfants victimes de violences.

Se rassembler devant les tribunaux, ce n’est pas contester la justice. C’est rappeler collectivement que l’accès à la justice, l’égalité devant la loi et la protection des victimes sont des principes fondamentaux de notre démocratie.

Reconnaître que la justice est traversée par des biais sexistes ne revient pas à la délégitimer. Comme toutes les institutions, elle n’est pas extérieure aux rapports sociaux qui structurent la société.

Pendant des décennies les violences sexistes et sexuelles ont été minimisées, mal qualifiées, insuffisamment poursuivies ou insuffisamment reconnues.

Les travaux de nombreuses chercheuses, magistrat·e·s, avocat·e·s et associations ont montré l’existence de mécanismes de victimisation secondaire, de stéréotypes de genres et d’inégalités persistantes dans le traitement des violences sexistes et sexuelles.

Exiger une justice plus attentive à la parole des victimes, mieux formée aux violences sexistes et sexuelles et mieux dotée en moyens, n’affaiblit pas l’État de droit. C’est au contraire contribuer à son renforcement,

Il est temps de prendre en compte la gravité des violences qui sont perpétrées très majoritairement contre les femmes et les enfants. Il est temps de connaître leur caractère systémique dans une société patriarcale. Les féministes et les enfantistes le réclament depuis les années 1970.

Face à ses revendications, les pouvoirs successifs n’ont opposé que des mesures et des lois parcellaires, dictées par l’urgence d’affaires successives qui continuent de secouer l’opinion publique.

Il est temps de changer de paradigme, de répondre par une loi-cadre intégrale à des violences omniprésentes qui bouleversent radicalement la vie des victimes, enfants ou adultes.

La prévention et l’éducation, notamment avec l’EVARS à l’école, sont fondamentales. Mais aussi l’accompagnement des victimes, la prise en compte de leur santé physique comme psychique, la garantie d’un parcours pénal protecteur et respectueux de leurs besoins, la prévention, la lutte contre la récidive et la réparation.

L’école joue un rôle crucial dans la prévention. La généralisation effective de l’éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle (EVAR/S) constitue un levier majeur pour lutter contre les stéréotypes sexistes, promouvoir l’égalité et faire connaître leurs droits aux enfants. Elle permet aussi aux personnes d’écouter et d’identifier les élèves victimes de violences sexistes et sexuelles. Cette ambition ne peut devenir réalité sans moyens.

La situation est tout aussi alarmante du côté de la chaîne judiciaire et policière. Alors que les violences faites aux femmes et aux enfants demeurent massives, près de 94 % des plaintes déposées par les femmes et 70 % de celles déposées pour violences sexistes et sexuelles faites aux enfants, sont classées sans suite.

Derrière ces chiffres ce sont des milliers de victimes qui reçoivent le message que leur parole ne compte pas et que les auteurs peuvent continuer à agir dans l’impunité. L’urgence est aussi un plan de recrutement massif adossé à une formation solide sur les violences sexistes et sexuelles chez les magistrat·e·s : la France en compte 2,3 fois moins que la moyenne européenne.

C’est pour cela que féministes et enfantistes ont élaboré ensemble une proposition de loi-cadre qui prend en compte l’ensemble de ces aspects. Elle s’appuie sur l’expérience de toutes les associations qui viennent en solidarité aux victimes.

Une coalition parlementaire transpartisane à l’Assemblée Nationale a élaboré un projet de loi à partir de ces éléments, en étroite collaboration avec les associations expertes. Elle est déposée depuis début décembre 2025 sur le bureau de l’assemblée. Depuis lors, nous demandons sa mise à l’ordre du jour. Nous demandons aussi la programmation des moyens financiers nécessaires à sa mise en œuvre, estimés à 3 milliards par an.

Nous ne nous arrêterons pas !

Ensemble soutenons l’exigence d’une loi-cadre intégrale contre les violences sexuelles et sexistes faites aux enfants et aux femmes et les moyens de l’appliquer.

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